Voyager!...
Par le train!...
La dernière fois que j'ai pris le train pour plus de 25kms de distance, c'était dans les années 50...
Même pas!... en 1948, exactement!... Ma famille quittait définitivement la banlieue parisienne pour s'installer armes et bagages dans le midi !...
HE!!!!....Quand je dis "armes"... c'est une façon de parler, hein!... "Armes et bagages" est une expression familière qui ne signifie pas obligatoirement que vous transportiez trois kalachnikovs et une demi-douzaine de grenades offensives!....... Je précise cela avec beaucoup d'insistance, ne tenant pas à voir débarquer sur ce paisible blog, un bataillon du G.I.G.N. à la recherche d'une hypothéthique (oui, je collectionne les "h", faut bien que je les utilise!) ennemie publique N°1... çà c'est déjà vu!...faut pas plaisanter avec çà!...
Mais pour en revenir à mes voyages du passé, et à nos bagages... ce n'était pas moi, petite larve, qui en avait la responsabilité. Ils avaient été préparés par toute une escouade!... C'est à dire que ma mère avait trié et empaqueté tous les objets qu'elle voulait emporter. Et que mes grands-parents maternels, avaient aussitôt subrepticement remplacé ces précédents pour la plupart inutiles, par les suivants, utiles et indispensables... Chose sage!...
Quoi qu'il en soit, les bagages restent quand même des bagages... C'est à dire des encombrants!...
Et dans un train, le mot encombrant prend toute sa saveur!... C'est à dire que le wagon qui s'appelait avant notre arrivée familiale: "de voyageurs", s'était vite transformé grâce à nous en: "de marchandises"!... Et je garde de ces épopées, et de nos débarquements sur les quais de gare, des souvenirs dignes d’un mulet, ou d’un sherpa... Au choix!
Voilà pourquoi, vaccinée à grand coup de valises en carton et de baluchons de toutes sortes, je suis restée jusqu'à ce jour allergique à la SNCF.
J’y ai pensé pourtant !... J’y ai pensé !
J'y pense même fortement... depuis quelques temps... à un baptème en TGV... Mais l'idée même me remplit d'effroi !
Moi, encore çà irait!... Mais comment diable décider cet éléphantesque sac de voyage encore sauvage, de rouler sans cahoter avec tous ces bagages empilés sur son dos !... Alors que leur seule envie est de se tomber dessus à bras raccourcis dès que je cesse de les observer pour essayer de retrouver le chemin de ce quai numéro… Mais quel numéro, au fait ?!!!
Sans parler des escaliers, qu’il va falloir que je fasse monter à ce pachyderme surmonté de mon sac à chaussures de skis !...
Je m’y vois déjà !...à reculons, et avec force « HAN ! »…Le tout en rétablissant la discipline entre mon sac à dos et mes skis. Tous deux en bandoulières et qui se disputent la place le long de ma colonne vertébrale. Et qui profitent de mon inattention pour flanquer des coups bas à mes chevilles pour les uns, et des bourrades aux passants pour l’autre !... Lesquels passants, inconnus et furieux, me regardent de travers !... Au lieu de me venir en aide !...
Faut les comprendre, ils voyagent légers, eux !…
Pas moi !... Faut me comprendre aussi!
Et puis… en admettant qu’on arrive tous en chœur jusqu’au bon wagon…A l’heure prévue…Et du bon côté du quai… il va falloir que j’entasse tout ce petit monde dans un coin à bagages !... Avec des valises étrangères et peut-être dévergondées… Et sans surveillance !... Alors qu’il me parait primordial de les avoir à l’œil. Mon Petit-doigt me dit que des bagages sans surveillance n’ont qu’une idée en tête : prendre la poudre d’escampette !
Les enchaîner aux barreaux de leur box serait une sage initiative. Oui, mais voilà, stressée comme je m’imagine devoir l’être au moment de les délivrer… soit j’aurais perdue la clé du cadenas (en réalité pendue à mon cou)… Soit je passerai le reste du voyage à me demander si le code est « 2012 ou2011 ou 2010, ou 2000 ou 1999, ou…. Laisse tomber !
Et mes skis ?!... Allongés dans le porte bagage, peut-être ?........Au-dessus de ma tête?!......
Voyager…. En Train…. ?.... !!!
…….LAISSE TOMBER !....

